Jardiner c’est tirer parti de la capacité qu’ont certaines plantes de mieux produire lorsqu’on les places dans certaines conditions favorables et qu’on leur prodigue les soins propres à favoriser leur croissance jusqu’à leur maturité. Les conditions de production dépendent de la qualité du milieu (exposition, ensoleillement, pluviosité, nature de la terre) et de l’adresse de l’homme, mais aussi et surtout des influences saisonnières qui agissent directement sur le cycle végétatif et donc sur le développement de la plante.

Fiches jardinage et plantes

La notion de saison est essentielle au jardin : on ne sème pas n’importe quoi, n’importe où et n’importe quand ! Le jardinier doit suivre un calendrier précis conforme aux exigences naturelles propres à chaque plante, ou faire en sorte, par des techniques appropriées, de créer artificiellement des conditions de culture favorables qui lui assureront une récolte décalée, hâtive ou tardive.

Le cycle végétatif naturel

Pour cultiver des plantes, il faut avant tout connaître parfaitement leurs besoins et donc les éléments qui, dans la nature, font que telle ou telle d’entre elles se développe mieux qu’une autre sous un certain climat et dans une terre aux caractéristiques données.

Seules ces conditions favorables (réunies naturellement ou artificiellement) par l’homme permettront ce développement harmonieux qui va de la germination à la fructification en passant par la floraison. Ce cycle végétatif naturel, plus ou moins long suivant les plantes, résulte directement des contingences climatiques. Tout l’art du jardinier consistera à savoir « acclimater » une plante et donc à la cultiver en tenant compte de ses exigences et, bien souvent, en restituant les conditions qui était celles de sa région d’origine. Il devra donc suivre son cycle végétatif naturel, en arrêtant, par exemple, les arrosage de certaines plantes australes en hiver pour recréer les conditions d’un été sec qu’elles n’ont pu oublier… Plus simplement il tiendra compte du rythme de croissance échelonné sur trois ou quatre saisons des plantes annuelles ou sur deux ans des bisannuelles et tirera le meilleur parti de la renaissance perpétuelle des plantes vivaces.

La graine

Une enveloppe (appelée « téguments ») protégeant un noyau (plus ou moins grand) constitue la graine. Le noyau renferme le germe, ainsi que les réserves nutritives nécessaires à sa naissance et son tout premier développement (la plante puis ensuite les aliments dans la terre). Quel que soit le cycle végétatif de la plante, sa graine a besoin, pour germer, de chaleur, d’eau et d’air. S’il est possible de créer artificiellement ses conditions, la plupart des semis en pleine terre devront être effectués au moment de l’année le plus propice : pendant le printemps et au début de l’été. À cette époque la terre se réchauffe ; l’humidité qui résulte des pluies tombées pendant l’automne est suffisante (si la terre a pu la retenir).

Les racines

La jeune plante vit d’abord sur les réserves de la graine avant de puiser elle-même sa nourriture (il est donc essentiel que la graine ait connu de parfaites conditions de conservation). Les racines se développent ensuite, amenant les éléments nutritifs qu’elles puisent dans le sol. Ces éléments sont, bien sûr, très nombreux, mais les principaux indispensables à la croissance et à l’équilibre des végétaux, sont l’azote (issu de la décomposition de substances organiques sous l’action des bactéries) ; le phosphore et le potassium Tous deux solubles dans l’eau, le rôle de ce dernier étant nécessaire à l’activité des feuilles. L’eau et les sels minéraux qu’elle transporte sont donc indispensables à la réussite des cultures, une réussite qui dépend aussi, bien sûr, de la faculté du sol à les retenir.

Les racines nourricières transportent vers les bourgeons et les feuilles la sève « brute ». Son cheminement se fait par la tige et résulte d’un double phénomène : l’attraction, exercée par les feuilles et la pulsion, créée par les racines. Ce phénomène est directement influencé par la température qui, dans certains cas, peut aller jusqu’à interrompre complètement la circulation de la sève (grands froids).

Les feuilles

La lumière solaire est captée par les feuilles au niveau desquelles se produit la transpiration, phénomène qui favorise l’ascension de la sève brute dans la tige de la plante. Un air trop sec a pour conséquence une évaporation exagérée ; le végétal s’adapte en réduisant sa surface folières (l’exemple des cactées originaires du désert chez lesquelles les feuilles ont complètement disparu est le plus significatif). En revanche, l’humidité et l’ombre favorisent le développement des feuilles, qui n’ont plus à craindre un excès de transpiration. Ces quelques indications pourront vous guider dans le choix de végétaux suivant le climat et l’exposition de votre jardin.

C’est également au niveau des feuilles que s’opère le traitement du gaz carbonique contenu dans l’air ; cette assimilation se fait grâce a la chlorophylle présente dans les feuilles (d’où son nom d’assimilation « chlorophyllienne »), qui utilisent pour cela l’énergie solaire. Ainsi, le soleil plus intense du printemps et de l’été, les jours plus longs favorisent cette transformation ; mais, en excès, ils pourraient détruire la chlorophylle et entraver ainsi l’assimilation des éléments carbonés, indispensables à la croissance de la plante.

Les plantes adultes

La croissance de la plante se poursuit sur une période plus ou moins longue suivant sa nature. Si l’on excepte les arbres dont le développement se poursuit sur plusieurs décennies, fleurs et légumes ont généralement une durée de vie éphémère : leur croissance va jusqu’à la floraison, qui assure la formation de fruits puis de graines, lesquelles permettront la reproduction de la plante. Ce cycle dure environ 12 mois pour les plantes annuelles qui, semées au printemps, fleurissent en été pour mourir en hiver, généralement lors des gelées. Les plantes bisannuelles, semées au printemps ou en été, ne fleurissent qu’au printemps suivant pour fructifier pendant l’été, et mourir dans l’année qui a vu leur floraison. Les plantes vivaces fleurissent et fructifient chaque année, leur souche conservant pendant l’hiver la vitalité qui leur permettra de se développer de nouveaux à chaque printemps (certaines vivaces doivent cependant être rentrées en serre, à l’approche de l’hiver).

La stratification des noyaux

Le temps de germination des graines peut varier, selon les espèces, de quelques jours (trois jours pour le radis, par exemple) à plusieurs mois. Pour que la graine germe il faut que le tégument soit ramolli. Les noyaux des arbres sont parmi les plus long à germer. On rassemble le maximum de conditions favorables à la germination en ayant recours à la stratification, procédé qui a pour but de ramollir le noyau et qui se pratique en peau ou en terrine, en automne.

Disposez une couche de gravier au fond d’une terrine. Mettez du sable sur le gravier. Placer les noyaux (provenant de fruits mûrs) sur le sable, tous les 3 cm. Recouvrez les noyaux d’une nouvelle couche de sable et placez d’autres noyaux sur cette dernière couche. Continuez ainsi à disposer les éléments dans cet ordre jusqu’au bord de la terrine, en finissant par une couche de sable. Enterrez ensuite la terrine au pied d’un mur à l’abri des gelées (s’il y a risque de gel, rentrez la terrine en cave). Arrosez juste assez pour maintenir l’ensemble humide (trop arroser risque de provoquer la pourriture des noyaux). Semez en pleine terre au printemps (mars–avril) les noyaux sur lesquels la stratification a réussi (le développement d’une petite racine en est la preuve). Bassinez (arrosez en pluie fine) régulièrement pour favoriser l’enracinement. Repiquez les jeunes plants après naissance de la troisième feuille. Laissez ainsi végéter jusqu’au printemps suivant (protégez les plantes pendant l’hiver), et, à ce moment là, repiquez les arbustes en place. Un habillage léger des racines favorise alors le développement du chevelu.

Les variations saisonnières

Les variations saisonnières influent directement sur le cycle végétatif naturel et commandent donc l’emploi du temps du jardinier. Ces variations climatiques sont largement conditionnées par la position géographique d’une région et par sa situation : en littoral ou à l’intérieur des terres, en haute ou basse altitude, sur le versant d’une montagne ou dans une vallée, etc. Aussi, bien que certaines techniques (irrigation, protection, chauffage) permettent d’échapper en partie aux contraintes saisonnières et géographiques, est-il primordial de bien connaître le climat spécifique de la région que l’on habite, et les particularités physiques qui influent sur lui, pour déterminer au mieux les périodes de plantation et de culture et pour ne pas faire d’erreur quant au choix des végétaux.

Les différences climatiques

Le climat est le résultat de la combinaison de trois facteurs : la température, les vents, les précipitations. Ces trois facteurs varient dans de notables proportions suivant les régions.

  • La température dépend, a priori, de la latitude (il fait en principe plus chaud au sud qu’au nord, car les rayons du soleil arrivent plus directement sur la terre) ; mais aussi de l’altitude (il fait plus froid en montagne), et de la situation par rapport à la mer (qui limite les écarts de température d’une saison à l’autre mais dont l’évaporation constitue un obstacle à la réception des rayons du soleil).
  • Les vents sont essentiellement provoqués par les différences de pression atmosphérique entre deux zones : un réchauffement engendre l’élévation d’une masse d’air (anticyclone) qui tend à se précipiter vers une dépression créée par un refroidissement. Cette dépression est facilement enregistrable par le baromètre qui annonce donc l’arrivée du vent, généralement chargé de nuages.
  • Les précipitations résultent de la condensation de la vapeur d’eau contenue dans l’air, qui retombe sur le sol en pluie, neige ou grêle. La quantité d’eau que la terre reçoit varie en fonction de la température, du déplacement des masses d’air et des régions qu’elles auront traversées : une température élevée favorise l’évaporation, et le vent transporte l’air humide vers les zones froides. Les régions de hauts reliefs et les zones côtières sont les premières à bénéficier de ce phénomène de condensation et reçoivent de ce fait davantage de précipitations.

Les variations régionales

Grâce au pluviomètre, vous déterminerez facilement les besoins en eau de vos cultures.

Le thermomètre de couche est indispensable pour connaître le degré d’échauffement du compost et le meilleur moment pour semer sur la couche.

D’une façon générale, nos régions bénéficient d’un climat tempéré, avec cependant des nuances importantes.

  • Le climat océanique affecte toutes les régions de l’Ouest (Bretagne, Normandie, côte landaise, etc.). Les étés sont sans chaleur excessive, souvent pluvieux, et les hivers peu rigoureux ; les pluies sont réparties sur toutes les saisons.
  • Le climat continental touche les régions de l’Est (Vosges, Jura, Ardennes); les étés y sont chauds, parfois orageux, et les hivers assez rigoureux; les précipitations se produisent au printemps et en automne.
  • Le climat de montagne (Massif central, Savoie, Pyrénées…) propre aux régions situées au-dessus de 1 000 m, connaît des précipitations importantes également réparties (sous forme neigeuse en hiver).
  • Le climat méditerranéen engendre un été chaud et sec et un hiver tiède, les pluies, souvent abondantes (il pleut davantage à Nice qu’à Paris), étant réparties sur un très petit nombre de jours.

Les variations à l’intérieur d’une région

Le climat d’une région peut connaître certaines nuances parfois importantes, qui résultent de la situation particulière d’un lieu. C’est ce que l’on appelle les microclimats, qu’il est parfois essentiel de savoir créer au niveau du jardin pour choisir certains emplacements de culture.

Prenant quelques exemples, nous dirons:

  • que les gelées sont plus ou moins fortes suivant l’exposition (il gèle plus dans les dépressions) ;
  • que la lumière et son action sur les plantes sont différentes suivant que le terrain est situé près d’une ville (où la pollution constitue un écran) bu à la campagne, suivant le degré d’humidité de l’air qui arrête les rayons solaires, etc. ;
  • qu’il est possible de couper les vents dominants pour protéger les cultures du froid par différents moyens (haies, rideaux d’arbres, etc.) ;
  • que l’on peut accroître la chaleur en protégeant les cultures par des moyens artificiels (culture sous abri) ou en choisissant l’exposition (vers le sud).

En matière de calendrier, la connaissance du milieu météorologique est essentielle. Le déroulement des saisons ainsi que les particularités climatiques de chaque région commandent l’organisation des travaux.