Plante à bulbe : Quand, comment planter tulipes et jacinthes ?

Les bulbes et plantes bulbeusesPlus de trois siècles nous séparent de ces « folles années » 1630 où l’amateur de tulipes de la Bruyère faisait de la possession d’un oignon l’unique objet de sa vie, prêt à tout sacrifier pour l’obtenir…

Signe des temps, après avoir été des milliers et des milliers de fois croisée, sélectionnée, améliorée par des générations de jardiniers habiles, la tulipe s’est démocratisée. Et tel bulbe qui coûtait un patrimoine peut être aujourd’hui acquis pour une poignée de centimes!

Mais cette fleur venue du jardin des sultans d’Orient n’a rien perdu de l’intérêt qu’elle partage désormais avec toutes ses cousines, les « plantes bulbeuses ». L’homme du XXe siècle admire toujours sa beauté et apprécie qu’elle la prodigue avec tant de facilité !

Un printemps de toutes les couleurs

Les premières floraisons de l’année sont les plus désirées et les mieux accueillies! Certes, pas plus que la première hirondelle, une perce-neige ou un crocus ne font le printemps mais leur épanouissement est comme le signal d’une attaque : celle de toutes ces forces neuves qui, au sein de l’humus, fourbissent leurs racines, leurs pousses et leurs bourgeons pour bientôt chasser l’hiver…

Celui-ci pourra bien leur opposer ses giboulées et ses gelées blanches en guise d’ultimes ruades, rien n’empêchera le narcisse de suivre le crocus, ni la tulipe de succéder au narcisse !

Bulbe qui sort de terre et Narcisse fleurie

Ce n’est pas un hasard si toutes ces espèces appartiennent à la grande famille des plantes dites « bulbeuses » car l’oignon qui constitue leur souche – et qui justifie leur appellation – est le meilleur moyen que la nature ait trouvé pour leur permettre de s’épanouir envers et contre tout.

Plantation des bulbes

Les plantes bulbeuses à floraison printanière sont plantées à l’automne, avant les grands froids. On aura préalablement travaillé le sol et fait les apports d’engrais nécessaires. N’apportez pas de fumier au dernier moment, car il est en effet essentiel que le bulbe mis en terre trouve immédiatement les éléments nutritifs favorables au développement de ses racines. Il faut donc que la terre ait eu le temps d’assimiler les engrais. Vous pourrez planter jusqu’en novembre iris, tulipe, narcisse, muscari, crocus, etc. (La plantation des bulbes à floraison estivale se fait, quant à elle, au printemps : dahlia, glaïeul, bégonia, etc.)

Les plantes bulbeuses sont des plantes vivaces et, de ce fait, peuvent être laissées plusieurs années de suite (voire de façon permanente) en pleine terre. On gagne pourtant à déterrer les bulbes chaque année après la floraison (quand le feuillage commence à jaunir), de façon à faire hiverner les bulbes, qui pourront ainsi se reposer dans de meilleures conditions. On les replante l’année suivante. Si l’arrachage des bulbes chaque année n’est pas indispensable pour toutes les espèces, il est absolument obligatoire pour celles qui craignent les grands froids, telles que les tulipes et les jacinthes. Il faut les déterrer après la floraison. Aussi, parallèlement à la plantation des bulbes indiquée Ci-dessus, devrez-vous à cette époque extraire les bulbes qui, plantés au printemps, viennent de terminer leur floraison, afin de les conserver au sec. (On risque de voir la floraison diminuer si on laisse les bulbes plusieurs années de suite en terre.)

La plantation se fait à l’aide d’un plantoir cylindrique dit plantoir à bulbes, qui permet de creuser une carotte de terre et de loger parfaitement le bulbe. Il est placé au fond du trou, dont la profondeur varie selon les espèces : 10 cm pour les tulipes et les narcisses, 15 cm pour les jacinthes. Ces chiffres sont évidemment approximatifs, un petit repère sur le plantoir vous permettant de creuser tous les trous à la même profondeur Celle-ci pourra varier selon que les bulbes seront plantés en pleine terre (en grappe ou en ligne) ou en potées. Pour ce dernier cas, quand il s’agit de préparer une potée d’appartement, on laisse les bulbes de tulipe ou de jacinthe dépasser légèrement la surface de la terre.
A noter, enfin, que certains bulbes sont vendus en cours de végétation, ce qui vous fera profiter de leur floraison, même si vous vous y êtes pris un peu tard. Plantez dans ce cas le bulbe avec sa motte, recouvrez et achevez de combler le trou avec la terre extraite, et arrosez. Une mise en place trop tardive est cependant préjudiciable à la floraison.

Plantation des bulbes à floraison printanière

Bulbes Profondeurde plantation Distance deplantation
Crocus 6-8 cm 5 à 10 cm
Fritillaire 20 cm 40 à 50 cm
Iris des jardins 2 cm 0 à 15 cm
Jacinthe 12 cm 15 à 20 cm
Lis blanc candidum 25 cm 20 à 30 cm
Muscari 6 cm 5 à 10 cm
Narcisse 15 cm 1.5 à 20 cm
Perce-neige 8 cm 5 à 10 cm
Renoncule 5 cm 15 à 20 cm
Scille 8 cm 5 à 10 cm
Tulipe 10 cm 10 à 15 cm

L’histoire des plantes à bulbe

Les jardiniers ont pris coutume d’appeler « plantes bulbeuses » ou « oignons ..à fleurs » des espèces à vrai dire très différentes d’aspect mais qui ont toutes pour point commun de posséder une souche souterraine charnue, plus ou moins renflée et gorgée de réserves nutritives.

Toutes les plantes bulbeuses sont vivaces mais la durée de leurs organes souterrains est variable. Chez les jacinthes et les narcisses, c’est le même oignon qui persiste d’une année à l’autre, les écailles externes étant remplacées par celles qui se forment à l’intérieur une fois qu’elles ont été épuisées par la floraison.

Chez la tulipe et le crocus, par contre, le processus est différent et le bulbe est remplacé chaque année : il est complètement vidé de sa substance pour nourrir la végétation printanière mais il contient l’amorce d’un oignon de remplacement qui accumule les précieuses réserves tandis que son prédécesseur périclite et disparaît. Du point de vue cultural, ces différences d’organisation et de comportement n’ont pas d’importance et toutes ces espèces peuvent être traitées de la même façon : une fois que les souches souterraines ont emmagasiné leurs réserves, elles peuvent être arrachées, conservées au sec durant tout l’été puis replantées seulement à l’automne suivant où elles entameront une nouvelle végétation.

Cette façon de taire est vivement conseillée avec les jacinthes et la majorité des variétés de tulipes horticoles. Si les bulbes étaient laissés en terre, ils auraient en effet tendance à produire des bulbilles qui, végétant sur la même souche, accapareraient à leur profit une partie de la sève sans être pour autant capables de fleurir. Une rapide dégénérescence ne tarderait pas alors à se produire au détriment de la qualité de la floraison.

Certaines espèces, par contre, comme les narcisses, certaines tulipes botaniques et la grande majorité des « petits bulbes » que nous verrons plus loin n’ont pas les mêmes exigences : leurs bulbes peuvent sans inconvénient rester plusieurs années en terre sans arrachage. Si le milieu leur plaît leurs colonies s’accroîtront peu à peu. Pour concrétiser tout ceci voici, très brièvement résumé, le cycle de végétation de la tulipe.

Si vous coupez un oignon de tulipe en automne

Bulbe de tulipe

Voici ce que vous voyez en coupant un bulbe de tulipe : (I) Plateau. (2) Tunique. (3) Ecailies. (4) Ebauche florale. (5) Bulbe de remplacement.

  • (1) le plateau, une tige modifiée d’où sortira plus tard la partie aérienne
  • (2) une tunique écailleuse qui joue uniquement un rôle protecteur;
  • (3) des écailles charnues où sont stockées toutes les provisions qui seront utiles à la plante jusqu’à sa floraison
  • (4) au centre, l’ébauche de la future fleur, déjà formée au sein du bulbe et qui jaillira plus tard, entourée de ses feuilles et se nourrissant de ces réserves;
  • (5) à côté, l’amorce du bulbe de remplacement qui succédera au précédent quand celui-ci sera épuisé et qui assurera la floraison de l’année suivante.

Quand planter vos plantes bulbeuses ?

Plantation bulbe

A l’état latent, tout ce qui est utile à la future floraison printanière.

Au moment où vous le plantez, le bulbe de tulipe contient ainsi, à l’état latent, tout ce qui sera nécessaire à la plante pour produire sa fleur et pour se régénérer.

A l’automne, dès sa plantation, le bulbe commence à former des racines pour puiser l’eau nécessaire à sa végétation.

Plus ces racines seront nombreuses et meilleure sera cette dernière : il y a donc avantage à planter tôt, dès le début d’octobre si cela est possible et en tout cas avant le commencement de décembre.

Les narcisses sont parmi les premiers à démarrer.

En fin d’hiver, le bourgeon central contenant la fleur et les feuilles futures s’est développé aux dépens des réserves et il est prêt à jaillir du sol dès que possible. Parallèlement, le bulbe de remplacement commence aussi à grossir au sein de l’oignon.

Bulbe en fin d'hiver (schéma)

En fin d’hiver, la pousse est prête à éclore quand viendra le temps propice.

Toutes les plantes bulbeuses sont parfaitement rustiques et ne craignent pas les froids normaux. En climat très rigoureux il est cependant conseillé d’étaler sur le sol une couverture de paille, branches de sapin, etc., qui sera enlevée à la fin de février.

Au printemps, la formation du feuillage et la floraison achèvent de vider l’oignon de ses réserves. Mais les feuilles et les racines puisent maintenant dans l’air et dans le sol la nourriture nécessaire à la formation des graines et à celle du nouveau bulbe toute la sève est une fois de plus concentrée dans le nouvel oignon qui restera latent jusqu’à l’automne suivant.

La floraison vide l'oignon de ses réserves et celui-ci se dessèche.

La floraison vide l’oignon de ses réserves et celui-ci se dessèche.

Il y aura intérêt à supprimer les fruits pour que toute la sève disponible soit réservée à ce dernier.

Il faut également laisser à la plante le temps de mener à bien cette évolution complexe qui ne commence guère avant la fin de la floraison et qui se poursuit jusqu’à l’entrée de l’été.

Un arrachage trop précoce ne donnerait que des oignons incomplètement formés et incapables de refleurir.

La chaleur joue un grand rôle, durant cette période dans la formation de l’embryon des futures feuilles et fleurs au sein de l’oignon.

Le futur bourgeon floral existe dès la fin de l’été.

Bulbe en fin de floraison

Après la floraison, un autre bulbe se forme pour succéder au précédent.

Le cycle est bouclé et le bulbe nouveau-né renferme désormais tout ce qui sera utile à la végétation future qui commencera à l’automne.

Les tulipes

TulipesHybrideurs et amateurs de jardins redécouvrent avec passion les tulipes sauvages dont certaines avaient déjà servi d’aïeules aux variétés cultivées. Ces « tulipes botaniques » dites aussi « tulipes espèces » connaissent une vogue méritée et font merveille, en particulier pour fleurir les rocailles et décors naturels. Les tulipes « Kaufmanniana » sont, dès mars, les premières à s’épanouir. La forme de leurs fleurs les fait appeler tulipes Nénuphar. L’intérieur et l’extérieur de leur corolle sont souvent de couleurs différentes.

Les « Fosteriana », dont la variété initiale, la plus populaire, est « Mrne Lefeber », rouge vermillon, se caractérisent par l’ampleur exceptionnelle de leur fleur qui apparaît début avril.

Plus récentes, les « Greigii » dont le type est « Chaperon rouge » sont non seulement remarquables par leurs belles fleurs mais aussi par les veines brunes qui marbrent leur feuillage et mettent les premières en valeur.

Les « Praestans » et les « Tarda » enfin offrent la particularité de doner couramment trois à quatre fleurs par oignon. D’autres tulipes botaniques seront sans doute commercialisées et déjà, croisées entre elles ou avec d’autres races, les précédentes ont donné quantité d’hybrides de valeur. Ces « Sauvages » n’ont pas fini de nous émerveiller

Tulipes pour le jardin.

Les variétés de tulipes classiques utilisées pour les décorations de pleine terre peuvent être classées en trois groupes suivant leur degré de précocité : hâtives (floraisons de la première quinzaine d’avril); demi-hâtives (seconde quinzaine d’avril et début de mai) ; tardives (du début à la fin de mai).

Races hâtives.

Les plus précoces, les tulipes « Duc de Tholl » sont peu recommandées au jardin car leur tige est trop courte et leur floraison trop fugace. Elles sont par contre très utilisées pour le forçage.

En pleine terre, adoptez les « simples hâtives » aux grandes fleurs globuleuses de coloris très variés portées par des tiges de 25 à 35 cm de hauteur.

Les « doubles hâtives », un peu moins précoces, ont des fleurs plus « lourdes » du fait de leur duplicature mais, plantées en groupes serrés, elles produisent un effet de masse supérieur et la durée de leur floraison est plus longue. Leur taille varie de 20 à 35 cm. Ces deux races se prêtent aussi très bien au forçage.

Races demi-hâtives.

La fin d’avril voit s’épanouir les « Mendel » très cultivées en serre et les « Triomphe ». Au jardin, préférez les secondes pour leur floraison plus soutenue et la meilleure tenue que leurs confèrent des pétales charnus et une tige solide, haute de 30 à 50 cm. Beaucoup présentent des fleurs liserées ou bordées d’une autre teinte que celle du fond.

Races tardives.

Le mois de mai marque l’avènement de la reine des tulipes, la « Darwin » aux innombrables variétés. Ses fleurs aux pétales arrondis forment un calice parfait, haut porté par une tige rigide de 50 à 70 cm et aux couleurs aussi vives que variées.

Mais cette « tulipe par excellence » est en train de perdre son sceptre au profit de la fille qui est née de son mariage avec la tulipe botanique Fosteriana la « Super Darwin » ou « Darwin hybride » un peu plus précoce possède des fleurs encore plus grandes, des coloris encore plus lumineux et brillants…

Pour l’instant, la gamme de ceux-ci est encore surtout limitée aux rouges et aux jaunes mais il ne fait pas de doute qu’elle s’enrichira rapidement. Contemporaines des Darwin, les tulipes « Cottage » ou « simples tardives » constituent un groupe assez disparate puisqu’il rassemble d’anciennes variétés retrouvées en Angleterre.

Les fleurs aux teintes très vives sont grandes et diffèrent le plus souvent des précédentes par une forme allongée et des pétales pointus. Leurs tiges fines et rigides mesurent 40 à 70 cm. Les tulipes doubles à fleurs de pivoine sont les homologues tardives des « doubles hâtives » citées plus haut, avec les mêmes aptitudes. Elles sont toutefois plus élevées 35 à 50 cm.

Enfin les « Breeder » comprennent les races les plus tardives et aussi les plus hautes puisqu’elles sont portées par des tiges rigides de 80 cm à 1 m qui leur ont valu le surnom de « tulipes baguette ». Leurs coloris où le marron et l’orangé dominent sont curieusement teintés de bronze.

Les photos de tulipes et leur variété

Cliquez sur les images pour les agrandir, en savoir plus en consultant leur légende.

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Les Jacinthes

jacintheL’histoire de la jacinthe commence avec celle des Dieux antiques : si l’on en croit la mythologie, c’est faute de pouvoir lui redonner vie qu’Apollon immortalisa en cette fleur son favori Hyacinthe que Zéphyr avait traitreusement tué au cours d’un jeu…

C’est en tout cas à la fin du XVIe siècle qu’est arrivée en Europe la jacinthe d’Orient. Elle était alors assez insignifiante, avec ses petites fleurs bleues portées par des hampes grêles mais près de quatre siècles de culture l’ont considérablement « perfectionnée » et sa descendance comporte trois races de mérites différents.

Les Hollandaises en vedette

  • La Jacinthe parisienne, aux inflorescences légères, espacées sur la tige était autrefois très cultivée pour la fleur coupée mais elle est maintenant passée de mode et de moins en moins prisée.
  • La Jacinthe romaine, dont le bulbe produit quatre à cinq tiges florales, également peu garnies mais très élégantes, est surtout utilisée pour le forçage car elle est trop sensible au froid pour être cultivée en plein air ailleurs que dans le Midi.
  • La Jacinthe de Hollande, enfin, race parfaitement rustique et hautement sélectionnée est, de très loin, la plus populaire et elle le mérite par la beauté de ses inflorescences et ses coloris variés. Il en existe des sortes à fleurs simples et à fleurs doubles mais les premières, moins massives, sont le plus souvent préférées.

Les meilleures variétés

Nous vous recommandons spécialement les variétés suivantes dont la floraison s’échelonne du début à la fin du mois d’avril. Celles marquées d’une croix (+) sont les mieux adaptées à la culture en appartement.

  • Variétés précoces : + Innocence, blanc pur; + Van Bos, rouge carminé ; + La Victoire, cramoisi clair; Lord Balfour, lilas pourpré.
  • Variétés de moyenne saison : Carnegie, blanc ; + Bleu de Delft, bleu porcelaine; + Ostara, bleu foncé; Perle brillante, bleu ciel ; + Pink Pearl, rose vif ; Lady Derby, rose tendre.
  • Variétés tardives : King of the blues, indigo ; City of Haarlem et Yellow Hammer, jaunes; Queen of the pink, rose vif, Améthyst, mauve. Les sortes les plus tardives sont celles qui offrent régulièrement les formes les plus parfaites en culture de plein air. Les jacinthes ont le charme un peu froid et sophistiqué de tout ce qui touche à la perfection… Et parfaites, elles le sont par la forme régulière de leurs épis denses, par leurs couleurs, par leurs parfums. Ce sont des beautés à admirer et à humer de près! Au jardin, faites-en de petits groupes réguliers de même variété que vous situerez de façon à pouvoir les approcher facilement. Les jacinthes de Hollande dégénèrent hélàs très rapidement sauf exceptions, la floraison de deuxième année est déjà moins belle que celle de la première. Achetez donc chaque année de nouveaux bulbes pour renouveler votre collection. Ceux de calibre 15-16 ou 16-17 conviennent très bien pour la culture de pleine terre.

Les Narcisses

Les Narcisses tirent aussi leur légende d’un destin tragique… Narcisse, jeune berger de l’Olympe, était si épris de lui-même qu’il périt noyé dans l’eau de la fontaine où il voulait contempler de trop près son image. A la place du bûcher où les Nymphes voulaient incinérer son corps, on trouva cette fleur…

Les différentes espèces

narcisseLes différentes espèces de Narcisses originaires d’Europe centrale ou méridionale qui sont offertes à nos jardins se distinguent entre elles par la forme de leurs fleurs qui sont composées de deux parties :

  • la portion centrale plus ou moins développée dont l’aspect varie de celui d’un tube plus ou moins allongé (trompette ou coupe) à celui d’un disque aplati (couronne ou coronule);
  • les six pétales et sépales externes ou périanthe qui entourent la précédente.

Des fleurs qui n’aiment pas la discipline

Au contraire des jacinthes, le charme des narcisses est fait de simplicité et de spontanéité. Leurs atouts n’ont que deux couleurs, le jaune et le blanc. Ils tolèrent mal d’être embrigadés dans le cadre strict d’une plate-bande : plantez-les par petites « bandes » de 5, 7 ou plus sans souci de régularité. Ils pourront rester 3 ans en place avant que vous n’ayiez à les déplanter. Préférez les bulbes « double (ou triple) nez » qui donnent plusieurs inflorescences.

Les meilleurs Narcisses

Tableau des meilleurs Narcisses

Les petits bulbes

C’est à cause de leur basse taille que ces espèces se trouvent réunies sous le vocable de « petits bulbes » mais c’est là leur seul point commun. Leurs floraisons menues s’échelonnent durant toute la première moitié de l’année et il n’est pas de semaine qui passe sans que l’une ou l’autre ne réserve la surprise de son apparition.

De l’un à l’autre…

La première à fleurir est la Perce-Neige (Galanthus nivalis).

En février, l’Aconit d’hiver (Eranthis hyémalis) est plus voyant grâce au jaune lumineux de sa corolle entourée d’une couronne de feuilles menues et qui ‘évoque le bouton d’or. Ces deux espèces préfèrent les endroits riches en terreau
de feuilles, mi-ombragés.

En plein soleil à condition que le sol soit bien drainé, vous verrez aussi paraître deux ravissants Iris nains (12 à 15 cm), I. Danfordiae jaune orangé et I. réticulata, violet, deux couleurs qui s’harmonisent merveilleusement ensemble. Le second exhale une délicieuse odeur de violette.

Enfin, en février encore naissent les premiers Crocus avec le Crocus thommasinia nus dont les fleurs lilas durent très longtemps. Mais, comme les Iris nains, il redoute l’humidité’ et il ne peut être planté parmi le gazon.

Par contre ses cousins un peu plus tardifs, qui attendent mars pour s’épanouir, l’acceptent très volontiers. A la vérité, c’est avec eux que commencent les floraisons vraiment spectaculaires. Plantez largement le Crocus aureus « Grand jaune » avec les belles variétés du Crocus vernus : « Remembrance » bleu foncé ; « Pickwick », blanc strié de violet « Jeanne d’Arc » blanc pur, à même votre pelouse et vous verrez avec quel éclat ils savent saluer le retour du printemps !

A partir de ce moment, le rythme des floraisons va s’accélérer chez les « petits bulbes » et, comme vont apparaître les Narcisses (précédés de peu par le petit Narcisse à fleur de Cyclamen) les Jacinthes et les premières Tulipes, la nature prend soin de leur donner pour compagnes des fleurs douées du bleu, la couleur idéale pour faire valoir les jaunes, les roses, les orangés et les rouges de leurs corolles.

C’est ainsi que sortent tour à tour de terre le Puschkinia libanotica, blanc bleuté, Erythrone dent de chien, bleu clair, les Scilles et les Muscaris, bleu intense.

Ce sont des plantes prolifiques qui, si le terrain leur plaît, étendront d’année en année leur emprise jusqu’à cacher complètement le sol sous un tapis d’azur ou d’indigo. La famille des Ané mones concourt également à cette féerie printanière. D’abord avec l’A. blanda, plante naine constellée de marguerites bleues, puis avec l’A. des fleuristes de Caen (simple) ou Sainte-Brigitte (double). Celle-ci est plus grande (30 cm) et particulièrement brillante avec ses fleurs où chatoient l’écarlate, le bleu, le mauve et le blanc et qui s’épanouissent à profusion jusqu’à fin mai début juin, mine inépuisable pour la décoration des vases. Comme elle est frileuse, réservez-lui un coin bien abrité.

Enfin, si vous êtes curieux de plantes originales, plantez donc la Fritillaire à damiers aux corolles curieusement quadrillées.

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Secrets pour réussir vos bulbes

En automne

1. Le premier et le plus important de ces secrets est de choisir de beaux oignons. Ceux-ci doivent être gros, fermes, sans trace de nécroses ou de taches, signes de maladies qui évolueront en terre. Plantez le plus tôt possible, dès octobre.

2. Jamais de fumier pour les plantes bulbeuses il cause leur pourriture ! Bêchez soigneusement le terrain après avoir répandu un engrais complet qui favorisera au printemps la formation de l’oignon de remplacement.

3. Une bonne précaution avant de planter : mouillez les bulbes puis poudrez-les avec un produit mixte, insecticide et anticryptogamique qui préviendra les attaques des différents parasites de ces espèces.

4. Pour planter sans effort, le meilleur outil est un transplantoir à lame étroite. Enterrez les oignons du double de leur hauteur environ (5 à 6 cm pour les petits bulbes, 10 à 12 pour les tulipes, jacinthes, narcisses, etc.)

5. Après mise en place, tassez le sol à la main ou au pied pour assurer le contact terre-oignon indispensable pour que commence sans délai la formation des ra cines.

Au printemps

6. Quand vous coupez des fleurs pour vos bouquets, laissez au moins trois feuilles à la plante. Elles sont indispensables pour nourrir le futur bulbe de remplacement si vous envisagez de réutiliser celui-ci.

7. Lorsque les plantes fleurissent en pleine terre, supprinez la corolle dès qu’elle est fanée vous éviterez la formation du fruit qui accapare inutilement la sève au détriment du grossissement du nouvel oignon.

8. Mieux vaut ne pas arracher les plantes avant que le dés-sèchement du feuillage ne désigne la bonne maturation ‘du bulbe. Si vous êtes contraint de le faire auparavant, transplantez-les en motte dans une « jauge » jusqu’à ce qu’elles aient atteint ce stade.

9. Creusez une petite tranchée où les plants sont dispos éscôteàcôte, puis arrosez à fond. Quand les oignons sont mûrs, arrachez-les et faites-les sécher en les étalant à l’ombre.

En été

10. Débarrassez-les ensuite de la terre et des restes du feuillage. Les petits bulbes (bulbilles) qui accompagnent l’oignon principal peuvent être replantés dans un coin ils fleuriront 3 à 4 ans plus tard.

11. En attendant leur replantation automnale, entreposez les bulbes dans un lieu frais, sec et obscur après les avoir poudrés comme en automne. N’oubliez pas d’étiqueter les variétés et prenez garde aux dégâts des rongeurs…

Conclusion

En suivant ce programme, vous pouvez espérez réutiliser les tulipes et jacinthes plusieurs années de suite, mais il faut vous résigner à les voir dégénérer progressivement. Par contre, les narcisses et surtout les « petits bulbes » peuvent rester 3 ou 4 ans en place sans arrachage et, lorsque le terrain leur plaît, il arrive même souvent qu’ils se « naturalisent » et s’étendent peu à peu.

En dehors de la valeur supplémentaire qui s’attache au caractère de nouveauté d’une variété, le prix des bulbes est fonction de leur calibre (circonférence). Les plus gros sont normalement les plus chers puisqu’ils contiennent davantage de ces réserves nécessaires à la floraison. Attention : les oignons vendus au rabais sont souvent de calibre inférieur et les acheter est une mauvaise économie…

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