Guide bouturage

Il est tentant de multiplier les plantes d’appartement qu’on aime et qui réussissent bien chez soi. On sait qu’il y a cinq manières de multiplier les plantes : par semis de graines, par bouturage, par division ou éclatage des touffes, par marcottage et par greffage.

Ces cinq procédés sont applicables aux plantes d’appartement, mais ils ne sont pas tous également commodes à pratiquer. Ni le semis, ni le greffage ne sont facilement réalisables en appartement. Le semis, parce qu’il est difficile de se procurer des graines, les plantes n’en produisant généralement pas en intérieur, ou bien n’en donnant que de stériles, ensuite parce qu’il faut cultiver les jeunes plantes durant des mois avant qu’elles ne soient suffisamment ornementales. Quant au greffage, il suppose qu’on dispose de porte-greffes, ce qui est rarement le cas. Il reste donc à la portée de l’amateur : le bouturage, la division des touffes et le marcottage.

Comment bouturer

Les plantes ont le pouvoir de se multiplier sans l’intervention d’organes sexuels, par simple fragmentation, c’est-à-dire par bouturage. Une bouture est une portion de plante, placée dans un milieu tel qu’elle puisse émettre des racines, se mettre à pousser et reconstituer un végétal nouveau qui sera exactement semblable à celui dont elle provient. Les boutures peuvent être des fragments de rameaux ou de tiges, des portions de racines ou des portions de feuilles. Deux époques sont favorables au bouturage : avril-mai et août-septembre. Les boutures de rameaux ou de tiges sont les plus courantes; elles ont de 10 à 12 cm de longueur. On les sectionne au niveau de l’insertion d’une feuille. La base de chaque bouture n’est enterrée que de 2 ou 3 cm, pas plus. La terre est fortement tassée contre elle, puis on arrose et on couvre avec une cloche ou, s’il ne s’agit que de deux ou trois boutures, avec un bocal renversé.

La terre à bouturage est faite d’un mélange par moitié de sable de rivière pas trop fin (grains de 2 mm) ou de perlite horticole et de tourbe. On place les boutures dans un local à la température de 20 à 24 degrés Celsius, en lumière tamisée. La terre et l’air, sous la cloche ou le local, doivent rester constamment humides, mais sans excès. Les boutures de Ficus, Dracaena, Croton réussissent bien lorsqu’elles sont piquées dans de la sciure de bois blanc. Quand les boutures sont enracinées, on les plante séparément dans de petits pots et dans une terre appropriée à leur nature. Les boutures qui viennent d’être mise en pot sont placées sous cloche fermée et ombragée. On les habitue progressivement à l’air et à la lumière par des aérages de plus en plus larges et un ombrage de plus en plus léger.

À propos du bouturage

Le procédé de bouturage qui vient d’être décrit est applicable à presque toutes les espèces munies de tiges. Pour quelques autres, notamment celles qui sont acaules (sans tige), il est possible d’utiliser les feuilles comme boutures (Saintpaulia, Pépérornia), soit qu’on pique seulement le pétiole en terre, soit qu’on applique ensuite la feuille elle-même sur la terre humide (Bégonia rex). De petites incisions sur les nervures facilitent l’émission des racines et des bourgeons. Certaines plantes peuvent se bouturer dans l’eau, dans une bouteille ou un bocal (Laurier-Rose, Cypérus, Achimenes).
Certaines plantes se bouturent elles-mêmes si l’on peut dire, Des Fougères, plusieurs Asplenium, un Kcilanchoé, émettent sur leurs feuilles des bourgeons qui forment des plantes en miniature A une certaine époque ces plantules se détachent, tombent et constituent des plantes nouvelles. On assiste à un bouturage naturel.
Les plantes provenant d’un bouturage sont exactement semblables aux plantes mères; elles en ont tous les caractères héréditaires,les qualités et aussi les défauts ainsi que les maladies de constitution. On ne saurait trop prendre soin de ne bouturer que des plantes saines.

Comment procéder à la division des touffes ?

Beaucoup de plantes d’intérieur rhizomateuses ou traçantes peuvent se multiplier par division ou éclatage des touffes de la même façon que les plantes vivaces de plein air. Les tubercules peuvent donner lieu à ce mode de multiplication car ce ne sont, en somme, que des rhizomes d’une forme particulière. Parmi les plantes qui se soumettent à ce mode de multiplication, on peut citer parmi les espèces gazonnantes : les Isolepis, les Sélaginelles, les Capillaires, le Pteris serrulata, le Polypode, le Rhapis, les Calatheas et les Marantas et la plupart des plantes de la famille des Zingibéracées, les Bégonias tubéreux. La meilleure époque est le printemps. Pour diviser une plante en pot, il faut d’abord la dépoter, examiner la répartition de ses bourgeons et de ses tiges, de façon à ce que chaque éclat l’ait possède au moins un bourgeon ou une tige munie de racines. Il est rare qu’on puisse éclater une touffe en ne se servant que des mains. Dans la plupart des cas, il faut aider à la fragmentation en coupant la souche au couteau. Les divisions ou éclats sont replantés en pots immédiatement et ceux-ci sont placés pendant quelques jours à l’ombre, sous cloche, en atmosphère humide.

Comment marcotter ?

Marcotter, c’est faire développer des racines en un point d’une tige ou d’une branche, qu’on détache ensuite pour la planter et en faire une plante distincte et complète. L’époque la plus favorable pour marcotter est le printemps. Il y a deux manières de marcotter les plantes d’appartement, le marcottage en archet et le marcottage aérien.
Dans le marcottage en archet, une tige longue et flexible est couchée puis arquée après incision au fond d’un pot qu’on remplit de terre légère humide. La marcotte est sevrée (détachée) après l’émission des racines.

On pratique le marcottage aérien lorsqu’on ne peut pas arquer la tige (Dracaena, Aralia, Dizygotheca, Ficus, Monstera). On élève la terre jusqu’ à l’endroit où l’émission des racines doit se produire. Au lieu de terre, on emploie de préférence de la tourbe ou du sphagnum humide qu’on maintient en place dans un cornet de plastique attaché à la tige. L’enracinement peut demander plusieurs mois.