Culture à contre-saison

Si la culture du figuier dans le Nord de la France, par exemple, reste du domaine de l’horticulture ou de la curiosité, pouvoir utiliser son potager à plein rendement pour consommer des légumes frais toute l’année intéresse plus directement tous les jardiniers amateurs. Il n’est pas nécessaire, en effet, pour obtenir ce résultat, de disposer de gros moyens. Quelques connaissances alliées à l’emploi judicieux du matériel que nous vous avons présenté précédemment et à l’utilisation de variétés se prêtant aux cultures à contre-saison suffiront.

Les récoltes retardées

Pour obtenir des récoltes ou des floraisons tardives de plantes cultivées normalement plus tôt en saison, vous pourrez tout simplement semer une nouvelle fois, en arrière-saison, en veillant à choisir des espèces et des variétés dites «tardives», qui se prêtent à ce type de culture ; vous devrez néanmoins prendre certaines précautions

  • pour les semis de légumes en pleine terre effectués en juillet-août, en vue d’une récolte au début de l’automne (haricots verts, épinards, chicorée), surveillez attentivement l’arrosage et évitez l’insolation; binez très régulièrement autour des plantations pour limiter au maximum les pertes d’eau;
  • pour les semis en pleine terne effectués en automne, cherchez, au contraire, à accroître la chaleur ; protégez les plantes des pluies et traitez régulièrement, car les maladies se propagent rapidement par temps humide (traitez quand il ne risque pas de pleuvoir).

On peut, d’autre part, décaler la date de floraison des plantes en les conservant au froid, ce qui a pour effet de prolonger leur période de repos. En effet, une température basse (sans aller jusqu’au gel, qui entraîne la mort de la plante) a pour conséquence de suspendre, ou du moins de ralentir, la croissance des végétaux. Ensuite, par un apport et un dosage très précis de chaleur et un éclairage artificiel, on provoque artificiellement la floraison.

Le forçage

A l’inverse des techniques de retardement, le forçage permet d’avancer notablement la période de végétation des plantes, en leur offrant des conditions qui se rapprochent de celles que la nature produit spontanément : l’hiver le froid, puis au printemps la chaleur, l’humidité, la lumière, l’air renouvelé.

Le forçage des plantes bulbeuses (jacinthes, tulipes, narcisses, crocus par exemple) se fait après une mise en repos provoqué (au froid, à l’obscurité et sans arrosage) ; les opérations de forçage proprement dites se font de la même façon que les opérations décrites au paragraphe précédent, par un dosage attentif de lumière, d’arrosages et de chaleur.
On procède également au forçage de certains arbustes fleuris, comme l’azalée. La plante est rentrée au mois de novembre dans un local dont la température (15° environ au début) sera progressivement augmentée pendant 6 à 8 semaines, pour atteindre finalement 20-25 °C. Vous pourrez ainsi avoir des azalées fleuries à la Nol, qui supporteront ensuite des températures plus basses.

Ces quelques exemples montrent que la chaleur est le facteur essentiel du démarrage de la végétation et de la floraison. D’où l’utilisation de moyens spécifiques de chauffage des serres ou des châssis (on peut, pour ces derniers, à défaut de couches naturelles, prévoir un système de résistances électriques sous couche, le chauffage de la serre pouvant se faire électriquement ou, si elle est de grande taille, par poêle à fuel, ou à bois et charbon).

La culture hâtée

La culture hâtée permet de gagner quelques semaines sur le cycle végétatif normal et ainsi d’avancer les floraisons (mais beaucoup moins que par le forçage) et les récoltes. Elle doit se faire obligatoirement sous abri (châssis, cloches, tunnels) et, de préférence, sur couche.

De plus, en choisissant une bonne situation et une bonne orientation au midi, vous pourrez activer vos cultures par une chaleur accrue. Ainsi, la culture sur côtière, c’est-à-dire au pied d’une façade dirigée vers le midi, et sous châssis, réunit toutes les conditions favorables (les murs orientés au midi retiennent le mieux la chaleur du soleil et constituent un excellent abri contre le vent du nord). Si vous ne disposez pas de façade orientée de cette façon, vous pourrez réaliser un ados, c’est-à-dire adosser le châssis contre une planche tournée vers le midi.

Enfin, pour les espèces les plus frileuses, vous gagnerez à semer tout d’abord en godets, terrines ou caissettes, à l’abri, avant de repiquer en place ou sous châssis quand les plants auront atteint une maturité suffisante. ce procédé vous permettra d’avancer sensiblement la date de floraison des bisannuelles.