La taille d’hiver et l’entretien des arbres fruitiers

La taille d’hiver des arbres fruitiers est très importante, car elle concerne les organes permanents de l’arbre. Si l’élagage a seulement pour but l’élimination pure et simple des branches inutiles, les différentes interventions hivernales ont pour rôle de diriger la formation et la position des branches charpentières, d’influencer la fructification par un contrôle du cheminement de la sève et même parfois de «restaurer» un arbre tout entier lorsque celui-ci n’a pas été entretenu pendant des années. Toutes ces opérations sont regroupées sous l’appellation de taille «en sec», par opposition à la taille «en vert» pratiquée pendant l’été.

Taille de formation

Si la taille de formation doit viser avant tout à favoriser la fructification, elle résulte souvent de préoccupations esthétiques. On a, en effet, longtemps considéré que les formes les plus symétriques, très régulières et souvent fort compliquées, étaient le reflet du savoir-faire du jardinier et donc la garantie d’une récolte exceptionnelle. Le temps n’est plus où l’on peut passer plusieurs heures par jour au verger et où l’on accepte d’attendre cinq ou six ans pour obtenir une récolte satisfaisante. On s’accorde aujourd’hui pour reconnaître qu’il est essentiel de suivre avant tout les tendances physiologiques de l’arbre, et qu’il est inutile de contraindre inconsidérément la nature. La taille de formation doit permettre d’aboutir à la constitution d’un arbre équilibré, dont les branches seront aptes à porter les fruits qui se développeront favorablement grâce au cheminement harmonieux de la sève.

Il faut pour cela supprimer ou réduire certains rameaux et influer ainsi sur la structure charpentière de l’arbre.
Bien que certaines formes soient conseillées plus particulièrement pour tel ou tel arbre (gobelet pour cerisier, palmette pour poirier, etc.), il faut également tenir compte de l’exposition et du développement que l’arbre pourra prendre.

Taille de fructification

La taille de fructification vise, comme son nom l’indique, à accroître la production fruitière. Son ampleur varie suivant les espèces : essentielle, par exemple, pour les poiriers, elle est pratiquement inutile pour les pruniers.
Pour le poirier elle est, de surcroît, assez compliquée et demande à la fois connaissance et intuition.

Le rapprochement

La fructification des poiriers et des pommiers demande un maximum de sève. L’idéal est donc de « rapprocher » les fruits le plus possible des branches charpentières et du tronc, en limitant le développement des rameaux devant fructifier (on les appelle des coursonnes).

On les taille donc très court, généralement à trois yeux (taille trigemme), au moyen d’un sécateur, pendant les périodes où il ne gèle pas. Cette opération a également pour résultat de former ultérieurement des boursouflures appelées bourses, qui concentrent la sève et favorisent encore la fructification. Taillés très courts, les rameaux supportent le poids, souvent im portant, des fruits, sans plier ni se rompre.

Recépage, ravalement

Ces diverses opérations, beaucoup plus rares que les autres, ont pour but de rajeunir toute la charpente d’un arbre.

Le recépage

Il consiste à supprimer toute la partie aérienne de l’arbre, en ne laissant pratiquement que le tronc à partir duquel elle pourra se reformer. Il ne doit être décidé que lorsque les branches supérieures sont très atteintes (ou très vieilles) ou que la greffe n’a pas pris.

Le ravalement

Il revient à supprimer en tout ou en partie une branche charpentière. Sur les palmet tes, on est ainsi parfois amené à supprimer une partie d’une ou de plusieurs branches charpentières quand l’arbre est très vieux et qu’elles sont devenues improductives. Un rameau ne tardera pas, en général, à se développer au niveau de la taille. Vous le conduirez ensuite comme la charpentière précédente.

L’entretien des arbres fruitiers

La fumure

C’est en hiver que vous pouvez procéder aux apports d’engrais nécessaires à la croissance et à la fructification des arbres. Il faut, pour incorporer la fumure, labourer au pied de l’arbre, sans endommager les racines. Vous utiliserez donc une fourche-bêche. Ce n’est pas au pied de l’arbre que vous épandrez l’engrais, car c’est bien évidemment à l’extrémité des racines que se trouvent les radicelles absorbantes par lesquelles se nourrit l’arbre. Elles se trouvent en fait soit à l’aplomb des branches soit en périphérie, à environ 1 ou 2 m. Pour les arbres en espalier, le long d’un mur, on épand à 1,50 m.
Sauf si vous avez un grand verger (qui mérite que vous achetiez des engrais simples en quantité importante, pour composer vous-même le «menu» de vos arbres), il est souvent plus simple de recourir à des engrais composés du commerce à dominante potassique (8 kg/are).

Traitements

L’hiver est également l’époque de nombreux traitements préventifs et curatifs. La plupart se font par pulvérisation de produits spécialisés, de préférence en février-mars, avant la reprise de végétation, à l’inverse des bouillies cupriques, qui sont apportées sous forme d’arrosage fin novembre.