La protection du jardin potager

Au potager, l’essentiel des préoccupations du jardinier sera donc de protéger certains légumes contre le froid pour prolonger leur récolte (légumes-racines) ou permettre leur survie en dépit des gelées (légumes et plantes vivaces), mais aussi d’entreprendre certains semis dans des conditions de température favorables, obtenues artificiellement.

La création de chaleur

Toutes les planches non exploitées ont été labourées ; la fumure est en train de se décomposer (voir page 29) et prépare le sol en profondeur aux futures plantations de printemps. Mais les parties du potager les mieux exposées (côtière, ados) et les mieux abritées peuvent accueillir les semis des cultures hâtées.
Il est en effet possible, sous certaines conditions, de mener au coeur de l’hiver la culture de légumes (tels que chou-fleur, cresson alénois, épinard, carotte, laitue, etc.). Cete culture se fait en décembre et janvier, sur couche et sous châssis.

Il faut ici distinguer couche maraîchère et couche électrique. La première est faite de fumier et de feuilles mortes qui produisent de la chaleur en fermentant. Il est conseillé de l’enterrer sur une profondeur de 40 cm environ (pour limiter les pertes de chaleur) et de disposer le châssis pardessus avec la terre de culture. On dispose ensuite tout autour du châssis un «réchaud », c’est-à-dire un lit de fumier dont le rôle consiste également à isoler le châssis de l’extérieur pour lui garder toute sa chaleur.

La chaleur électrique est faite de résistances fixées sur un support plus ou moins enterré dans le coffre ou le châssis, dont on protège les côtés de la même façon qu’avec une couche maraîchère.
La nuit, des paillassons (un ou deux selon la température) sont disposés sur les vitres du châssis, pour que la terre conserve sa chaleur. Les vitres doivent toujours être très propres pour que les plantes profitent d’un maximum de lumière et d’ensoleillement pendant la journée. N’aérez les châssis que les jours où il ne gèle pas, et ce uniquement aux heures les plus chaudes. Les châssis sur couche sont également utiles pour le premier repiquage des plants issus de semis effectués en serre, qui pourront attendre, à l’abri, le moment d’être repiqués en pleine terre ou sur côtière.

La protection des semis

Dès la fin de l’hiver (février-mars), on peut commencer à semer directement en pleine terre l’ail, le chou, le persil, les radis, les pois, etc. Il est cependant préférable d’abriter les jeunes pousses du froid. Vous utiliserez pour cela les cloches continues et les tunnels plastiques que l’on peut facilement déplacer d’une plan cheà l’autre selon la maturité des légumes et donc leur capacité à résister d’eux-mêmes au froid, désormais moins intense.

La protection des cultures

Bien sûr, les plantes vivaces ne gèlent pas; il est néanmoins essentiel de les protéger du froid pour favoriser leur reprise de végétation au printemps. La plupart des légumes sont des annuelles ou des plantes cultivées comme telles il faut protéger les plantations précoces. On assurera cette protection par paillage (voir page 17), ou en déroulant au-dessus du sol un paillasson reposant sur des fils, entre deux poteaux. Un film plastique ajouré convient aussi. Celui-ci est également très utile pour les semis précoces en pleine terre ou sur côtière.