Plantations des arbres d’ornement et des arbres fruitiers

Nous regroupons ici les arbres d’ornement et les arbres fruitiers, les diverses étapes de plantation se déroulant de la même façon pour les uns et pour les autres. Seules pourront changer les préparations d’engrais que l’on apporte aux arbres au moment de la plantation et les précautions à prendre immédiatement après la plantation (protection contre les gelées, et tuteurage spécifique s’il s’agit d’une palmette). Si la plantation se fait généralement d’octobre à décembre, il est préférable de l’effectuer au printemps dans les terres lourdes. La plantation ne doit, de toute façon, jamais être effectuée dans un sol gelé ou détrempé (surtout après le dégel).

Le choix de l’arbre

Votre choix sera fonction d’un certain nombre de facteurs.

  • La nature du terrain : le pommier, par exemple, préfère un sol à dominante sableuse, l’amandier à dominante cal caire, tandis que le sapin redoute la présence de calcaire.
  • Le climat de votre région, et l’exposition (ombragée ou ensoleillée) selon laquelle l’arbre sera planté.
  • La taille du jardin, qui peut limiter, si elle est faible, le choix aux espèces à faible développement.
  • L’emplacement réservé à l’arbre : on ne saurait planter un arbre à fort développe ment, un cèdre de l’Atlas, par exemple, trop près de l’habitation.
  • Le développement de l’arbre et son port doivent vous faire réfléchir sur ses conséquences sur les autres cultures évitez de planter un arbre qui risque de faire de l’ombre à un potager par exemple; pensez au développement futur des racines, qui risque d’entraver celui des autres plantations.
  • La proximité d’autres arbres : des arbres plantés trop près risquent de se gêner.
  • Les normes légales la loi française, par exemple, veut qu’un arbre atteignant plus de 2 m à sa maturité soit planté à 50 cm au moins de la propriété voisine.

La préparation à la plantation

La préparation doit se faire un mois au moins avant la plantation, soit entre le ler et le 15 octobre. Il faut tout d’abord défoncer le sol sur 50 cm au moins. Le trou aura un diamètre qui peut atteindre 1 m selon le développement des racines de l’arbre au moment de la plantation. Lors du défoncement, séparez très soigneusement en surface la terre du sol et celle du sous-sol en deux tas bien distincts. Vous laisserez ainsi pendant deux semaines le trou béant pour que la terre extraite et le fond du trou puissent s’aérer (on peut être amené pour cela, selon la nature du sous-sol – argileux par exemple -, à piocher le fond du trou pour mieux l’ameublir). La terre est ainsi préparée à cette profondeur pour accueillir sans problème le développement ultérieur des racines. Évasez le trou en faisant glisser au fond la terre provenant des bords (y. schéma). Rebouchez ensuite le trou avec la terre extraite. Si sol et sous-sol ne sont pas fondamentalement différents, vous gagnerez presque toujours à mélanger les deux ter res, après les avoir débarrassées des cailloux et des impuretés qui pourraient s’y trouver : vu l’importance des racines d’un arbre, il est en effet souhaitable que la terre profonde offre les mêmes conditions physiques et nutritives. Apportez une fumure de fond, que vous mélangerez à la terre remise en place engrais de fond phosphatés et potassiques (ou corne torréfiée et phosphate). Laissez la terre se tasser et les engrais agir pendant un mois au moins.

La plantation

Elle doit se faire pendant le repos végétatif de l’arbre, en automne, et surtout suffisamment longtemps avant les premières gelées. Cependant, si vous recevez votre arbre en période de gel, ne le plantez pas immédiatement : conservez-le dans un local non chauffé, mais où il ne risque pas de geler, en humidifiant périodiquement la motte. Le trou de plantation est à nouveau ouvert. La mise en place va se faire en plusieurs étapes.

  • Plantez un tuteur au fond du trou. Il doit tenir fermement et être suffisamment élevé et résistant.
  • Habillez les racines de l’arbre : cette opération a pour but d’éliminer toutes les racines mortes ou malades et de raccourcir les plus grandes pour favoriser ensuite le développement du système radiculaire.
  • Eliminez tous les rameaux morts et raccourcissez les autres ; pour les arbres fruitiers, taillez les ramifications : peu sur les arbres à fruits à pépins, davantage (jusqu’à 5 cm parfois) sur les arbres à fruits à noyaux.
  • Pralinez les racines : le pralinage consiste à laisser tremper les racines dans un mélange boueux d’eau, à laquelle on a ajouté une dose de poudre hormonale favorisant l’enracinement. Ceci ne vaut évidemment que pour les plantations des arbres présentés à racines nues, qui sont peut-être restées trop longtemps soumises à l’action desséchante de l’air.
  • Disposez les racines au fond du trou en prenant bien garde de ne pas les plier; un léger monticule au fond du trou vous permettra de les asseoir selon leur direction naturelle.
  • Réglez la hauteur et la position de l’arbre (le tronc doit être bien parallèle au tuteur).
  • Rebouchez le trou en tassant bien la terre (à la main si nécessaire) entre les racines et au-dessus d’elles (il est conseillé d’utiliser du terreau pour les endroits qui sont en contact avec les racines). Fixez maintenant le tronc au tuteur (utilisez des attaches spéciales) pour que les pressions exercées ne puissent faire changer l’arbre de position.
  • Achevez de remplir le trou dont vous tasserez la surface avec le pied en formant une légère cuvette (ne tassez pas trop fort; les radicelles ne peuvent se développer dans une terre trop compacte).
  • Arrosez enfin abondamment pour tasser la terre sur toute la profondeur et alimenter l’arbre (une vingtaine de litres par jour pendant environ deux semaines). Ces opérations, identiques pour les arbres et pour les arbustes, sont parfois complétées par un haubanage (maintien du tronc par trois filins tendus et retenus à des piquets plantés en triangle autour de l’arbre) dans le cas d’une exposition très venteuse.
  • Indiquons enfin que pour la plantation des arbustes en motte (présentation des arbustes les plus fragiles), vous devrez creuser un trou de la même façon (le diamètre du trou est égal à quatre fois celui de la motte) et enterrer la motte sous la surface du sol (5 cm environ).