Amendements et fertilisation d’automne

Suivant l’équilibre de ses divers constituants physiques, le sol retiendra plus ou moins bien les éléments nutritifs, en particulier les sels minéraux, contenus dans l’eau de pluie ou d’arrosage, indispensables aux cultures. D’une façon générale, les terrains argileux, imperméables, favorisent la fixation des sels dans le sol. Ils restent longtemps humides (tard après le printemps) et se réchauffent lentement. Les sols sablonneux, au contraire, sont très perméables et donc ont du mal à fixer les sels minéraux. Légers, ils se prêtent bien à la pénétration des racines, mais ils se réchauffent vite, et se dessèchent donc plus rapidement qu’un sol argileux.

Les amendements

La terre qui rassemble harmonieusement les quatre composants principaux évoqués plus haut s’appelle « terre franche ». Mais on doit en fait, la plupart du temps, corriger leur mauvaise répartition.

« Amender » revient à corriger l’état physique du sol par l’apport de certains matériaux. Mais vous devrez avant tout veiller à ce que la correction d’un sol ne se fasse pas trop brutalement, et qu’ellê ne bouleverse pas trop brusquement sa structure; elle doit, au contraire, se faire progressivement, sur plusieurs années, pour permettre au sol d’assimiler les éléments correcteurs. C’est pour cette même raison que les amendements seront apportés à l’automne : la terre aura ainsi le temps, durant sa période de repos, d’intégrer les nouveaux matériaux.

Les amendements suivant la terre

  • Si votre terre est sablonneuse, vous apporterez de l’argile, de la tourbe ou, mieux, de l’humus, qui allège les sols lourds et donne de la consistance aux sols légers; l’humus, riche en bactéries, permet également la transformation et l’assimilation des engrais par les plantes.
  • Les terres sablonneuses, par ailleurs, sont souvent trop acides : faites alors un apport de chaux (chaulage), qui neutralise l’acidité, ennemie de la vie microbienne et obstacle à la formation de l’humus.

  • Si votre terre est argileuse, faites des apports de sable grossier, de préférence de rivière. Cependant, vu les grandes quantités de sable nécessaires (près de 300 tonnes par hectare selon l’importance de l’amendement), on utilise plus souvent de la tourbe (matière organique inerte) que l’on enfouit lors du labour d’automne à raison d’une balle (soit 0,17 m3) pour 10 m2. La tourbe influant uniquement sur la structure physique, il est bon de l’associer à du fumier (nature ou en granulés). • Si votre terre est calcaire, perméable, mais relativement pauvre en éléments fertilisants, et alcaline, vous la corrigerez par des apports de tourbe, d’argile et d’humus.
  • Si votre terre est humifère, riche en éléments fertilisants, mais trop acide (l’acidité étant en partie provoquée par la décomposition des végétaux, eux-mêmes à la base de la constitution de l’humus), vous procéderez à des apports de chaux.

Le chaulage

D’une façon générale, le chaulage est conseillé pour toute terre non calcaire. Le manque de calcaire, en effet, a pour conséquence de priver l’humus et l’argile de leurs propriétés : rétention de l’eau et fixation des sels minéraux (pour les terres argileuses, la chaux présente de plus l’avantage d’alléger le sol).
Le but du chaulage est encore d’apporter aux plantes le calcium dont elles ont besoin, ce qui intéresse toutes sortes de terres.

Il faut faire les apports de chaux en automne, au moment du labour, mais pas par temps pluvieux, car le mélange avec la terre serait difficile (la chaux humide formant alors une pâte). Évitez, évidemment, de chauler le terrain qui recevrait la même année des légumes préférant l’acidité (la pomme de terre par exemple).

La fumure de fond

Par «fumure» on entend apport d’engrais, c’est-à-dire une intervention directe sur la composition chimique du sol. L’apport d’engrais a pour but d’améliorer sa fertilité en lui apportant les éléments qui lui manquent ou qui ont été épuisés par les cultures. D’un façon théorique, le choix de l’engrais doit dépendre de la nature du sol et des cultures que l’on veut y mener. Il faut aussi tenir compte de deux principes.

  • Seules les terres suffisamment pourvues d’argile et d’humus peuvent rendre efficaces les apports d’engrais (c’est pourquoi on doit procéder aux amendements avant ou en même temps qu’aux apports d’engrais).
  • Tous les végétaux ont surtout besoin de phosphore, de potasse et d’azote, ce qui permet d’établir une règle générale, valable pour la plupart des végétaux.

    La fumure de fond consiste à apporter à la terre, lors des labours d’automne, des engrais à base de phosphore et de potasse (on peut se procurer du phosphate naturel et du chlorure de potasse, ou mieux, du sulfate de potasse). Ces deux éléments, qui favorisent le développement des feuilles, de la fleur et du fruit ou légume (pour ce qui concerne le phosphore) et qui soutiennent la croissance de la plante (la potasse), doivent être enfouis profondément. La terre assimilant lentement ces deux éléments, il faut les enterrer en automne, pour que les racines trouvent plus tard l’alimentation dont elles auront besoin. Il faut faire ici la distinction entre engrais organique et engrais minéral.

Les engrais organiques sont d’origine végétale ou animale : le fumier naturel, le compost, l’engrais vert (trèfles, vesce, etc.) sont des engrais organiques ils doivent être tout d’abord transformés en sels par les micro-organismes présents dans le sol avant d’être utilisables par les racines. Ils sont donc à assimilation lente (signalons que les cendres de bois constituent une fumure intéressante).

Les engrais minéraux sont des produits chimiques concentrés qui servent ainsi pour les cultures intensives. Leur action est beaucoup plus rapide que celle des engrais d’origine organique. Ils sont disponibles dans le commerce sous différentes appellations, présentés en poudre ou en granulés (cette dernière forme facilite l’épandage).
Le jardinier amateur sera, par ailleurs, intéressé par l’existence d’engrais composés (à côté des engrais simples) qui permettent d’apporter en même temps à la terre tous les éléments dont les plantes ont besoin (vous les reconnaîtrez à la formule de présentation NPK – azote (N), phosphore (P) et potasse (K).